La France va produire son propre cannabis médical
Le gouvernement français a adopté un décret ajoutant de nouvelles dispositions au code de la santé du pays, permettant aux entreprises locales de cultiver du cannabis et de fabriquer des médicaments pour 3 000 patients français bénéficiant légalement de cannabis médical.
Jusqu'à présent, les produits à base de cannabinoïdes étaient uniquement importés du Canada, d'Australie, d'Israël et du Royaume-Uni, car la France ne disposait pas des réglementations nécessaires pour établir une production nationale. Même maintenant que le décret est en vigueur, il ne définit que les conditions et dispositions pour la création de la future industrie.
Un comité pour préciser les détails
Le gouvernement a mis en place une force d’intervention sous la forme d’un comité scientifique dont le rôle est d'adopter de nouvelles réglementations tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Le comité est composé de 11 membres et s’est réuni pour la première fois le 18 février.
Les experts doivent clarifier divers aspects de la culture et de la fabrication. Ils débattront de questions telles que l’identification des variétés de cannabis médical, la teneur admissible en THC et CBD, et les modes d’administration autorisés.
Selon le texte du décret, la nouvelle industrie devra fonctionner conformément aux Bonnes Pratiques de Fabrication de l’UE — un ensemble strict de règles appliquées à l’industrie pharmaceutique. Cela signifie très probablement que la consommation de fleurs séchées de cannabis ne sera pas autorisée.

Le programme pilote de cannabis médical se poursuit
La France autorise l'utilisation de médicaments à base de cannabis depuis 2013, mais seulement pour les patients pour lesquels toutes les méthodes de traitement traditionnelles ont échoué.
En 2020, le pays a annoncé un programme pilote de cannabis médical, lancé un an plus tard, qui concerne actuellement environ 3 000 patients. Tous souffrent de pathologies graves résistantes aux autres médicaments, notamment l'épilepsie et les douleurs chroniques réfractaires. Le programme restera en vigueur jusqu’en mars 2023.
Les taux de consommation de cannabis en France comptent parmi les plus élevés de l’Union européenne malgré une législation très stricte. La simple possession peut entraîner une peine de prison et une lourde amende. Cela vise non seulement les consommateurs récréatifs, mais aussi des milliers de patients qui ne peuvent pas participer au programme pilote mais pourraient bénéficier de l’utilisation du cannabis médical.
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