Le Dictionnaire du Cannabis : Explication de l’Argot des Stoners

19 October 2020
Il est temps d’apprendre les noms techniques des phénomènes courants dans le monde des fumeurs de cannabis.
19 October 2020
13 min read
Le Dictionnaire du Cannabis : Explication de l’Argot des Stoners

Sommaire:
En savoir plus
  • 0. a. La signification de «argot»
  • 1. Argot pour désigner « la marijuana » (la plante)
  • 1. a. Weed, pot et mary jane
  • 1. b. Herbe, chanvre ou ganja
  • 1. c. Bud ou buds, nug et fleur
  • 1. d. Hash et grass
  • 1. e. Dope, skunk et dunk
  • 2. Surnoms pour les consommateurs de cannabis
  • 2. a. Stoner, pothead, toker
  • 2. b. Junkie ou burnout
  • 2. c. Ent
  • 2. d. Growers et fleuristes
  • 3. Termes pour désigner les effets de consommation
  • 3. a. High, stoned, baked ou blazed
  • 3. b. Couch-locked, fried, blitzed, ripped, et plus encore
  • 4. Cottonmouth, munchies et autres effets secondaires
  • 4. a. Munchies
  • 5. Synonymes liés à l’acte de fumer
  • 5. a. Sesh, hotboxing et clam baking
  • 5. b. Burn one et 4:20
  • 5. c. Chiefing ou Être un bogart
  • 6. Façons d’appeler une cigarette de marijuana
  • 6. a. Joint, spliff, pinner et king-size
  • 6. b. Les roaches et snipes
  • 7. L’histoire du mouvement contre-culturel autour du cannabis
  • 8. Conclusion

Entrer dans la communauté des consommateurs de marijuana, c’est pénétrer dans un univers de rituels et de mots d’argot dont vous ignoriez jusqu’à l’existence. Et en tant que nouveau stoner, il est probable que vous ayez déjà été déconcerté à plusieurs reprises en entendant des termes qui vous semblaient totalement aléatoires. Pas d’inquiétude, la plupart d’entre nous sont passés par là, et il suffit d’un peu de temps pour que tous ces mots deviennent naturels pour vous, c’est une question de pratique, wink-wink.

 

Définition de pothead

La définition d’un pothead : une personne qui croit (1) que tous les problèmes peuvent se résoudre en fumant de la marijuana et (2) que toutes les activités sont plus agréables sous l’effet du cannabis.
 

En plus, une fois que vous vous serez véritablement adapté à la culture stoner, ces métaphores prendront tout leur sens, et rien ne vous empêche d’inventer vos propres termes ! La plupart des fumeurs de cannabis sont presque des poètes lorsqu’il s’agit de créer de l’argot. Comme toutes les sous-cultures, la culture canna possède une immense variété de termes extrêmement créatifs, parfois très répandus, parfois très régionaux. Et même si ce monde peut sembler impressionnant et déroutant pour les novices, la grande majorité de ces mots font désormais partie intégrante du lexique actuel grâce à l’acceptation croissante du cannabis par les médias grand public, et aussi la communauté au sens large.

La signification de «argot»

Le saviez-vous ? Certaines personnes pensent que le mot «argot» vient de «street-language» (langage de la rue). Aujourd’hui, on va donc apprendre exactement ça : la terminologie informelle du monde du cannabis.

Ce dictionnaire du cannabis comprend des références à l’argot culturel et de consommation, ainsi que quelques termes et expressions plus spécifiques. Quelques-unes des expressions les plus courantes dans l’univers du cannabis incluent :

 

  • Stoner, un consommateur régulier ;
  • Joint, une cigarette roulée de marijuana ;
  • Munchies, la fringale inarrêtable due à l’herbe ; 
  • Et cottonmouth, un autre effet secondaire : la bouche sèche causée par la marijuana.

 

Commençons notre leçon de linguistique façon stoner.

1. Argot pour désigner « la marijuana » (la plante)

Quand il s’agit de marijuana, de nouveaux mots et expressions apparaissent constamment, et c’est surtout parce qu’à chaque fois que les autorités connaissent un terme, il faut en inventer de nouveaux

« La terminologie ne met pas vraiment l’illégalité en avant : c’est l’illégalité qui a créé le besoin de nouvelle terminologie, » -Jonathon Green, lexicographe de l’argot. 1

Selon Green, la drogue est un des « bestsellers » de l’argot, car l’argot et « ce qu’on ne doit pas mentionner en société » vont de pair. Découvrons donc les façons les plus répandues de nommer la marijuana ou cannabis

Weed, Pot et Mary Jane

Bon, ceux-là, on les connaît sûrement tous. Les gens ont commencé à appeler le cannabis « weed » parce que la plante pousse comme une mauvaise herbe, n’importe où il y a chaleur et humidité. Mary Jane est un terme qui date de la même époque que les origines du 420. Il s’agit d’un jeu de mots avec la prononciation espagnole marijuana, qui ressemble à Maria Juana, soit Mary Jane en anglais. 

 

Synonymes de marijuana 

La liste des synonymes de marijuana peut être infinie.

Herbe, Chanvre ou Ganja

Ces termes mettent souvent en avant l’aspect botanique de la marijuana. En hindi, la traduction littérale de marijuana est également ganja

Bud ou Buds, Nug et Fleur 

Bud est le mot numéro un à retenir. C’est le terme utilisé pour désigner la fleur de la plante, une fois récoltée, séchée et prête à être consommée. Une autre façon de parler des fleurs de cannabis est nug, qui est le plus souvent utilisé pour parler des buds de qualité supérieure

Hash et Grass

Hash et grass, surtout répandus dans les pays germanophones comme l’Allemagne et l’Autriche, étaient aussi utilisés pour parler de marijuana aux États-Unis dans les années 1970. 

Dope, Skunk et Dunk

On entend dope surtout dans des chansons de rap, mais à l’origine, ce synonyme vient d’Irlande, où il désigne au quotidien le cannabis. «Skunk» est également un terme commun dans le nord du Royaume-Uni, notamment en Écosse et en Irlande du Nord. «Dunk» est généralement utilisé pour désigner du cannabis de qualité supérieure. La liste d’argot pour la marijuana n’a vraiment pas de fin, mais voilà quelques-uns de nos préférés non encore cités :

  • Astro turf
  • Épinards de Satan
  • La laitue du diable
  • Cheeba
  • Yarndi
  • Jolly Green 
  • Wacky Tobacky 
  • Mary’s Green
  • Stank Weed
  • Sinners Kale
  • The Big Mans Alfalfa

2. Surnoms pour les consommateurs de cannabis

Se présenter comme des « consommateurs » ne paraît ni familier ni sympa, n’est-ce pas ? Heureusement, il existe plein d’autres mots pour s’identifier comme amateurs de marijuana

Stoner, Pothead, Toker

Ce sont les mots les plus courants pour décrire quelqu’un qui aime fumer beaucoup de weed ou qui le fait souvent.  

 

Un junkie ou un burnout fume trop

Un junkie ou un burnout est une personne qui fume tellement qu’il paraît ailleurs.

Junkie ou Burnout

Junkie et burnout sont généralement des termes pour qualifier des stoners qui consomment beaucoup de marijuana. Burnout désigne tout particulièrement ceux qui sont tout le temps à côté de la plaque, mous, comme s’ils étaient au ralenti, c’est-à-dire Leo de That 70s Show ou The Dude du film The Big Lebowski.

Ent

Celui-là est plutôt un terme de geek pour désigner les stoners, tiré du Seigneur des Anneaux. Les Ents sont des arbres vivants, et l’utilisation de « trees » comme argot pour le cannabis vient sûrement de fans de fantasy ayant fait le lien. 

Growers et Fleuristes

Les personnes qui cultivent des plantes sont des growers, c’est aussi valable pour les producteurs de cannabis, logique. Certains préfèrent se référer à eux-mêmes en tant que fleuristes pour la touche romantique.

 

Bouquet de marijuana

Admirez le bouquet de weed réalisé par de vrais fleuristes.
 

En effet, il existe de véritables fleuristes spécialisés en weed qui réalisent de magnifiques bouquets de buds pour les plus chanceuses.

3. Termes pour désigner les effets de consommation

Pour parler des effets du cannabis, la liste est longue. Voici certaines des descriptions les plus courantes des effets du cannabis.

High, Stoned, Baked ou Blazed

Le terme high est connu partout (ou presque) là où la culture anglophone est présente. Une façon courante de dire que quelqu’un est sous effet du cannabis, c’est stoned, qui date des années 40, évoquant l’idée d’être assommé à coups de pierres. Heureusement, et tant mieux pour nous, fumer de l’herbe n’a rien d’aussi agressif ! 

 

Yeux rouges et gonflés du stoner

Vous avez remarqué vos yeux rouges et gonflés ? C’est que vous êtes défoncé !
 

Baked et blazed désignent le flou et la sensation cotonneuse après avoir fumé un joint. Ces termes font généralement référence à l’état yeux bouffis, fous rires, lenteur et relaxation. 

Un autre synonyme de baked est cooked, sans doute l’invention d’un autre stoner victime des munchies, ce que nous expliquerons par la suite. 

Couch-Locked, Fried, Blitzed, Ripped, et plus encore

Avez-vous déjà fumé un joint si fort que vous ne pouviez même plus bouger ou vous lever du canapé ? Un stoner malin a alors inventé l’expression couch-locked (collé au canapé) pour décrire ce phénomène.

 

Fumer au point de ne plus pouvoir quitter le canapé 

Parfois, on fume trop et on finit frit, bloqué sur le canapé.
 

Mais il existe des dizaines de façons de dire qu’on est vraiment défoncé : blitzed, bouldered, ripped, wrecked, et notre petit favori, fried. Enfin, crossfaded désigne quelqu’un qui a mêlé alcool et cannabis, donc qui est défoncé et ivre en même temps. Même si ça a l’air fun, souvenez-vous de consommer avec modération !

4. Cottonmouth, Munchies et autres effets secondaires

Si vous avez déjà goûté à la Mary Jane, ce qu’on peut supposer !, vous connaissez sans doute les effets secondaires qui accompagnent sa consommation.

 

Cottonmouth, bouche sèche et soif après avoir fumé

Vous avez la bouche sèche ? Buvez un verre d’eau !
 

En dehors des fous rires, vos yeux rouges et gonflés, il y a le fameux cottonmouth, qui désigne la sensation de bouche sèche. Gardez une bouteille d’eau à portée de main !

Munchies

On le sait : fumer du cannabis réveille littéralement le gorille affamé qui sommeille dans notre estomac. Et le plus drôle, c’est qu’avec les munchies, il n’y a plus aucune retenue : une fois qu’on commence à manger, il est difficile de s’arrêter.

 

Le célèbre effet secondaire des munchies

Munchies, le fameux effet secondaire après avoir fumé.
 

Du salé au sucré, puis retour au salé, encore et encore ? Ça vous dit quelque chose ? Voici, en général, les effets les plus courants après avoir fumé un joint :

 

Yeux Rougeur ; baisse de la pression intraoculaire
Bouche Sécheresse ; saveurs renforcées
Peau Sensation de chaud ou de froid
Cœur Rythme cardiaque accéléré
Muscles Relaxation

5. Synonymes liés à l’acte de fumer

Quand un stoner invite un autre toker à fumer, il y a peu de chances pour que le mot « fumer » soit utilisé… On a tellement de façons plus cool de le dire !

Sesh, Hotboxing et Clam Baking

Une sesh (abréviation de session) est un moment partagé autour d’un joint, blunt, spliff ou toute autre forme de consommation de marijuana. 

 

Hotbox dans une voiture, grand classique des stoners

Rien de plus classique qu’une hotbox dans la voiture.
 

Se retrouver à brûler un joint dans une pièce ou une voiture fermée, c’est ce qu’on appelle faire un hotbox (ou « clam baking »). Beaucoup pensent que le hotboxing vous fait planer plus fort puisque, quand la pièce est enfumée, chaque inspiration augmente les effets. 

Burn One et 4:20

On utilise souvent les termes burn one ou light up, qui parlent d’eux-mêmes. Et bien sûr, il y a le 420, le chiffre emblématique de la culture stoner, qui est aussi un appel à fumer.

« Hey mec, viens, c’est 4:20 » — même si ce n’est pas du tout l’heure — c’est juste un code universel pour fumer, utilisé depuis des décennies. 

Chiefing ou Être un Bogart

Quand quelqu’un garde tout le joint pour lui dans un groupe, on l’appelle un Bogart (en référence à l’acteur Humphrey Bogart, toujours une cigarette à la bouche dans ses films). Une autre façon de désigner ce comportement est chiefing, qui veut dire qu’on prend de grosses tafes au lieu de partager. Ce terme vient des Chefs Amérindiens qui prenaient de grandes bouffées de leur pipe. Selon la région, on entendra aussi :

  • Goûter le choof
  • Se faire cuire
  • Partir en vacances naturelles
  • Puffer le dragon
  • Allumer le chalumeau
  • En brûler un
  • Se fritter
  • Partir dans la stratosphère
  • Voler sur les highlines

6. Façons d’appeler une cigarette de marijuana

Si jamais vous entendez quelqu’un dire « cigarette de marijuana », assurez-vous qu’un témoin est là… On ne se souvient même pas de la dernière fois qu’un vrai stoner a utilisé ce terme-là ! En matière de surnoms, adjectifs et métaphores pour dire joint, il y en a une infinité. 

Joint, Spliff, Pinner et King-Size

Un joint (ou doobie), c’est la façon la plus courante de consommer du cannabis, avec une feuille à rouler et un filtre, ou crutch, remplis de weed. Un spliff, par contre, désigne un joint mélangé avec du tabac

 

Joint, blunt et spliff

Joint, blunt et spliff.
 

Un pinner est un petit joint roulé expressément, soit pour fumer seul, soit pour planer tranquillement, soit pour économiser sa weed. À l’opposé, les blunts ou king sizes sont de gros joints (le premier roulé dans du papier à tabac), parfaits pour les soirées entre amis. Parmi les autres surnoms, on trouve :

  • Biffo ou bifta
  • Bat de baseball
  • Doobie
  • Cigarette jazz
  • Torpille
  • Cigarette « main gauche »
  • Fusée de poche 

Les Roaches et Snipes

Le roach (en anglais, la blague « cafard »), c’est l’extrémité du joint, souvent très fort en goût car plein de résine. 

 

Le joint génération

Quand vous croyez avoir tout vu, vous tombez sur le joint génération.
 

Certains stoners gardent ces roaches pour les fumer pendant la disette ou pour fabriquer le fameux snipe ou joint génération : un joint roulé avec tous les restes collectés dans les anciens mégots. Selon certains, ces joints font planer très fort ! 

Le terme grand public qui disparaît doucement

Si jusque-là on s’est concentré sur les mots que vous ne connaissiez peut-être pas, il y en a un que vous avez forcément entendu et qui, lui, est en voie de disparition. Marijuana (ou marihuana) paraît anodine. Elle est encore utilisée quasiment comme synonyme du terme latin Cannabis, et beaucoup d’États l’utilisent légalement. Pourtant, saviez-vous que le mot marijuana est en réalité assez controversé ? En 2013 déjà, un article posait la question : « Le mot marijuana est-il raciste ? » Raciste ? Vraiment ? Eh bien, oui.

Dans les années 1930, au début de la guerre menée par Harry Anslinger contre la drogue, le Bureau Fédéral des Narcotiques (qui deviendra plus tard la DEA) a commencé à utiliser ce mot à la place du terme scientifique « Cannabis ». Tout simplement parce que « Marijuana » sonnait et paraissait beaucoup plus « mexicain », surtout aux oreilles de la population anglo-américaine qu’Anslinger voulait manipuler. Ce mot exotique était utilisé pour que la drogue semble bien plus dangereuse et menaçante qu’en réalité.

 

En réalité, avant 1910, le mot marijuana n’avait jamais même été utilisé dans les médias américains. À cette époque, le cannabis était largement utilisé dans de nombreux médicaments. Ce n’est qu’après une vague majeure d'immigration légale en provenance du Mexique (890 000 personnes entre 1910 et 1920) que la connotation raciste liée à l’usage du cannabis va apparaître, ainsi que l’usage du terme marijuana.

Certains pensent qu’avec le temps, ces racines racistes sont oubliées, mais en réalité les mots gardent un certain pouvoir. Nous sommes en 2022 après tout…

7. L’Histoire du Mouvement Contre-Culturel autour du Cannabis

Et voilà, les amis ! Presque tous les termes utilisés par les stoners et leur signification. Mais d’où vient tout ce langage ? Quelle est l’histoire du mouvement contre-culturel autour du cannabis ? Plongeons dans l’histoire fascinante de l’usage moderne du cannabis, depuis la nuit des temps…

Cannabis et humains dans la préhistoire

Nous avons des traces anciennes de consommation de cannabis sur des millénaires. On peut donc dire que les humains et l’herbe sont liés depuis très longtemps. Vraiment très, très longtemps. 

En effet, nous (ainsi que de nombreux mammifères) avons dans notre organisme un système spécifiquement fait pour interagir avec les composés actifs du cannabis : il s’agit du Système Endocannabinoïde (ECS), apparemment présent chez les mammifères depuis plus de 500 millions d’années. Cela montre que l’humain est naturellement fait pour profiter des effets du cannabis. Mais c’est en se penchant sur les civilisations anciennes que l’histoire devient passionnante, car on découvre un usage à la fois médical et récréatif du cannabis.

Les premières traces écrites d’utilisation du cannabis

La première utilisation consignée du cannabis remonte à 2737 av. JC avec l’empereur chinois Shennong, auteur du livre « Le Classique des simples du divin laboureur », qui cite le cannabis parmi les plantes médicinales recommandées. Il y indique son efficacité contre, entre autres, la goutte, les rhumatismes et le paludisme. 

Quelques millénaires plus tard, en Inde antique, le cannabis est largement utilisé lors de rituels spirituels et de célébrations. On le retrouve même dans l’Atharva Veda (vers 1 400 av. JC) où il est décrit comme plante sacrée. Ensuite, on arrive en Égypte ancienne où le cannabis était utilisé par beaucoup, un peu comme en Inde. On en retrouve la trace sur des papyrus datant de 1 550 av. JC, aussi bien dans la cuisine que la médecine.

Enfin, la Grèce et Rome antiques où le cannabis était employé principalement pour ses propriétés médicinales, mais aussi lors de rituels spirituels et festifs. C’est d’ailleurs là qu’apparaît le premier usage récréatif du cannabis, des banquets jusqu’aux festivals populaires.

De l’Antiquité à aujourd’hui

On pourrait continuer ainsi longtemps sur l’histoire du cannabis dans le vieux monde, mais ce qui nous intéresse ici est la naissance du mouvement contre-culturel autour du cannabis des années 1960 et suivants, et l’impact que cela a eu sur le vocabulaire partout sur la planète (du moins dans les pays anglophones). Pour cela, il faut remonter à la fin du XIXème siècle, une époque agitée, dominée par les monopoles industriels — surtout aux États-Unis. L’utilisation industrielle du chanvre était en plein essor, ce qui a dérangé certains… Notamment William Randolph Hearst dont l’empire du coton était menacé. 

Pour protéger son empire, Hearst a lancé une campagne de désinformation et de propagande contre la marijuana (comme on l’appelait alors). Cela dura jusqu’à la Marihuana Tax Act de 1937 qui criminalisa l’usage et la possession de cannabis. Même le mot marihuana faisait partie du récit, ses intonations exotiques servant à rendre le public méfiant et effrayé à propos de la weed.

 

Et ainsi débuta la guerre contre l’herbe. Elle fut rapidement interdite dans tout le pays, puis ailleurs dans le monde. Il a fallu attendre les années 60 pour voir la weed reprendre le devant de la scène avec une véritable renaissance. Pour comprendre cela, il faut aussi se rappeler le contexte de l’époque : le rêve américain d’après-guerre disparaissait progressivement et la guerre du Vietnam battait son plein. Le public recherchait nouveauté et contestation.

Et c’est là que la weed est entrée en scène. Grâce à ses propriétés spirituelles, son lien avec la contre-culture et sa capacité à rassembler, elle est très vite devenue un symbole de rébellion anti-establishment. Les jeunes de l’époque n’étaient plus prêts à suivre les normes sociales imposées, et ont donc adopté à fond le mouvement marijuana (et d’autres substances psychédéliques). Cela explique l’apparition de tout l’argot qu’on connaît aujourd’hui (ou qu’on connaissait jusqu’à peu) : termes comme « pothead », « reefer », « Mary Jane » et bien d’autres voient le jour dans les années 60-70 et ce n’était que le début. Avec la légalisation et/ou la dépénalisation du cannabis dans différents pays ces dernières années, la variété de noms et d’argot n’a fait que s’élargir.

 

Mais ce n’est pas que les mots qui changent. Oh non, la vraie révolution verte amène une toute nouvelle façon de voir les choses. Des sciences médicales à la vie quotidienne, de plus en plus de gens intègrent enfin le cannabis dans la société, et c’est franchement magnifique. Espérons que l’acceptation de la meilleure plante au monde continue à progresser dans nos vies de tous les jours. Sur ce, gonflons fièrement la poitrine et remercions notre époque où l’herbe gagne (enfin !) en légitimité. Cheers. Peace, love et nuages de weed — yeah !

8. Conclusion

Peu importe si vous découvrez que la moitié (ou plus) de cette liste vous était totalement inconnue. Au fond, personne n’a jamais dû s’asseoir pour apprendre le vocabulaire stoner, tout ça est un jeu ! Après tout, les expressions ne sont que des façons de s’exprimer, et nous vivons dans un monde libre, alors personne ne devrait vous dicter vos mots. Lancez-vous, inspirez-vous et inventez vos propres façons de nommer le phénomène marijuana.

Nous espérons que vous avez pu trouver les définitions que vous cherchiez, sinon laissez un commentaire ci-dessous pour qu’on puisse discuter du sens de chaque expression ! Y a-t-il des termes qu’on a oubliés, ou des mots locaux que vous et vos amis utilisez ? Dites-nous tout !

RÉFÉRENCES EXTERNES

  1. « Cannabis » - Jonathon Green, 2002.


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